Cours de guitare flamenco à Paris

Biographie de Terry Fleming

Terry Fleming commence ses études musicales à Victoria School et à Berkeley School of Music (Canada) où il obtient les 1er prix d'harmonie et de composition, 2e prix de contrepoint, 1er prix de clarinette, 2e prix de flûte traversière. Il y entame également des études de percussions. Engagé comme 2e Clarinette dans l'orchestre national d'Ottawa, il intègre également un Big-Band Jazz comme guitariste. Après avoir découvert par hasard un disque de Flamenco, il abandonne son pays et sa carrière pour se rendre en Andalousie, à Cordoba, où il reste le temps de compléter sa formation de guitariste Flamenco. Arrivé à Paris, il devient enseignant à la Schola Cantorum et à l'Institut de Guitare de Paris. Au fil des rencontres, il intègre le groupe de Flamenco Horizonte (guitariste, arrangeur, compositeur) sous le peudonyme de Navarro Puente. Une dizaine d'années d'expérience artistique et scénique (concerts, animations, passages TV et radio, nombreuses tournées en France et à l'étranger), pendant lesquelles il fréquentera et accompagnera les plus grands noms du Flamenco.
Il se consacre désormais à la composition de musique contemporaine, musique de films et à l'enseignement musical général et de la guitare flamenco en particulier. Il a enseigné notamment pendant une quinzaine d'années à la Peña Flamenco en France. Plusieurs de ses anciens élèves sont devenus des professionnels reconnus.

Extraits de"Les Cahiers de la Guitare"

Du Canada à l'Andalousie : la trajectoire de Terry Fleming, "Navarro Puente".

Je suis venu au Flamenco par hasard : en croyant acheter un jour, au Canada, un disque de Jazz, j'ai emporté par erreur un disque de guitare flamenca de Carlos Montoya. Quinze jours plus tard, j'étais en Andalousie à Cordoba, après tout avoir vendu ou laissé : maison, voiture américaine, Chevrolet, situation aisée à l'orchestre national comme deuxième clarinette.

A vingt-trois ans, je ne savais rien de l'Espagne, ni de l'espagnol, ni d'ailleurs de l'Europe en général : mon "background" était typiquement nord-américain, avec des études musicales à Victoria (Colombie britannique) et à Berkeley School of Music. J'avais aussi abordé la guitare, mais comme un instrument de plus - et donc pas par le "cursus" habituel du guitariste classique.

Et là, à Cordoba, à la sortie de la gare, sans ami ni contact, la chance : des jeunes m'invitèrent à un mariage, et toute la nuit fut une fiesta flamenca extraordinaire. Sans comprendre, en quelques heures, j'entrai dans le monde du Flamenco. C'était là le début de mon chemin flamenco - mais j'ai parfaitement conscience d'avoir juste appris à être un tout petit peu "de culture espagnole".

"Le choc du Flamenco, c'est ce qui m'avait atteint dans ce disque de guitare, et c'est ce que j'ai retrouvé dans ce mariage flamenco à Cordoba. Il s'est ainsi trouvé que ce que je ressentais le plus à ce moment, ce n'était pas les fugues de Bach, auxquelles m'avait pourtant préparé toute ma formation. Il y avait dans le Flamenco une émotion que je n'avais rencontrée nulle part ailleurs dans la musique classique - apparemment provoquée à la guitare par des moyens rudimentaires : avec si peu d'accords, avec la mineur, sol 7, fa, et mi, avec si peu d'accords "simplistes" au royaume de l'harmonie classique, où l'on fait tout pour contourner cette progression primordiale !

Attention : je ne dis pas que le Flamenco détient à lui seul cette capacité émotionnelle que j'ai éprouvée - j'indique seulement que je suis, moi, immédiatement sensible à cet état particulier du Flamenco qu'on peut appeler le "duende" ou le "jondo", et qui est un moment de résonance pure : ce n'est pas la guitare en tant qu'instrument qui m'importe alors, ni la sonorité : la seule chose qui existe à cet instant, c'est la musique qui se dégage de la guitare, c'est le choc qui fait que tu écoutes en oubliant que c'est une guitare, et que tous autour de toi l'oublient également et oublient leurs propres pensées pour être "dans" la musique... On ne sait pas le temps que ça dure : vingt secondes, moins, plus ? Et ce sont des moments très rares...

J'allais connaître une autre contradiction lorsqu'il a fallu que je démontre musicalement le Flamenco ; d'emblée, mon éducation musicale occidentale me faisait mettre le doigt sur des manques criants : je souffrai très vite de la relative pauvreté harmonique des modes andalous, de cette même pauvreté harmonique par laquelle était pourtant passé le choc initial. Dans la tradition guitaristique flamenca, jusqu'à Paco de Lucia, la guitare était cantonnée dans un rôle de support harmonique, se bornant à poser les piliers des tonalités pour le cantaor (chanteur) ou la danseuse, et a surtout été utilisée pour ses effets percussifs. Car le rythme est la richesse essentielle de la guitare flamenca, en particulier les styles basés sur les trois temps : on peut dire que le jazz est le roi du quatre temps, et la rumba flamenca la plus subtile rivalise difficilement avec lui ; par contre, le Flamenco domine les rythmes à trois temps, et ses combinaisons de mesures composées sont inégalées.

Frédéric DEVAL


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